Être un électeur avisé

Être un acteur engagé de la vie lycéenne, c’est avant tout être un électeur avisé. Au lycée, tout élève est électeur de ses délégués de classe et de ses représentants au Conseil de la Vie Lycéenne (CVL). Les délégués de classes élisent ensuite les élèves membres du Conseil d’Administration du lycée (CA).

N.B. Si vous ne savez pas encore ce qu’est le CVL et le CA, jetez un coup d’œil aux pages les concernant (clique donc sur les liens ! )

Mieux vaut élire intelligemment.

Vous nous direz qu’il est difficile de discerner surhomme ou charlatan mais après une petite recherche (encore EXTRÊMEMENT sérieuse) du fameux « CREPE » (bretonne ?), nous avons établi quelques indices qui ne s’avèrent jamais faux. Notre méthode a été simple : comparer les promesses des professions de foi des candidats au CVL et, une fois élus, la réalité de leur bilan à la fin de leur mandat. Nous avons étudié 15 professions de foi de lycéens élus en 2013 ou en 2014 au lycée Janson de Sailly.

Étant nous-mêmes (les « chercheurs en herbe » du CREPE) présents au CVL et CA de ce lycée, nous avons pu suivre l’intégralité de l’action de ces 15 élus pour pouvoir objectivement comparer leurs promesses avec leurs bilans.

Autrement dit, plus un candidat vous assure d’un programme quasi-révolutionnaire, moins il sera réellement actif, et plus il sera réaliste et humble dans ses projets, plus il fera de choses. Pourquoi ? Parce que celui qui promet « la revolución para pronto » (comme Che Guevara !) ne s’interroge en aucun cas sur la faisabilité de ses promesses alors que le réaliste est conscient de ce qui l’attend : il est prêt à relever le défi.
Par ailleurs, plus un programme est vague, présentant très souvent des projets généraux et coûteux, moins le candidat a de chances de réaliser ses projets car sa réalisation ne dépend pas de lui. La construction de nouvelles toilettes ne dépend ni d’un lycéen, ni du proviseur, mais de la région. En revanche, plus le candidat est précis dans sa manière d’exposer son programme, plus il sera actif. Pourquoi ? Car celui qui est précis a déjà mûri ses projets : il sait d’ores et déjà comment les mettre en place.
Finalement, plus un candidat étale sa maigre motivation comme une confiture sur sa profession de foi (pas sur le CREPE évidemment…), moins il fera de choses. Pourquoi ? Cela s’appelle le syndrome de la page blanche : arrivé le moment de l’écriture de sa profession de foi, il ne sait que dire, à part s’inventer une pseudo-motivation.

EXERCICE PRATIQUE ! 

Voici deux vraies professions de foi qui ont été affichées à l’occasion des élections du CVL et du CA au lycée Janson-de-Sailly en octobre 2013. Ces deux candidats ont finalement été élus. Essayez de deviner, simplement grâce à leur profession de foi et aux conseils ci-dessus s’ils ont été, ou non, des élus actifs ! Attention aux apparences…
Dans un souci d’anonymat, nous utiliserons des faux noms.

CANDIDAT A : 

CANDIDAT B : 

Alors, trouvé ? Non ? Pourtant nous avons choisi deux exemples faciles !..
Voici les bilans des deux candidats une fois élus au CVL :

Le bilan du mandat de Tom Égéry se résume à : 0 (oui, c’est bien ça : un ensemble vide…). Si vous vous êtes trompé, c’est sûrement à cause de la structure solide du texte, mais cet enchaînement de quatre points clairs et synthétiques est trompeur !

1. Ce candidat nous promet la lune… La restauration d’un lycée ne tient ni de la décision d’un élève, ni du proviseur ; c’est le domaine de la région qui est propriétaire des locaux. Nous lycéens avons certes notre mot à dire si nous le souhaitons, mais il ne faut pas rêver…

2. Ce candidat nous promet la lune, mais son image dans le télescope est floue… parce que cette profession de foi n’est que l’enchaînement de grandes promesses bien vagues.

3. Ce candidat nous promet la lune, mais pointe son télescope dans le mauvais sens… Contrairement à ce que croit ce candidat, les élèves peuvent se prononcer sur des sujets tels que le budget, le projet d’établissement ou encore le règlement intérieur : cela se fait au niveau du conseil d’administration auquel participent certains élèves. C’est aux élus au CA de consulter les élèves au préalable pour forger leur position sur ces sujets. Un candidat mal renseigné ne peut être qu’un mauvais choix !

 

Le bilan de Sara Croche est très différent. Certes, sa profession de foi est assez fouillis, mais il promet un unique projet et le concrétise au cours de l’année. Elle a vendu plus de 1750 roses le jour de la St Valentin : un véritable succès qui a atteint toute la communauté lycéenne (même certains professeurs et CPE !). En promettant un unique projet, cette candidate est réaliste. Dans sa profession de foi, elle s’attarde à décrire son projet précisément : elle a déjà longuement réfléchi à la réalisation de celui-ci.