Les associations

  Etre bénévole pour une association est une autre option pour les lycéens demandeurs d’engagement. Ici, aucune élection : plus il y a de lycéens membres, mieux l’association se porte ! Toute bonne volonté est la bienvenue.

Ce qui rend l’engagement associatif différent par rapport aux CVL, aux MDL, aux CA et aux syndicats lycéens est que l’engagement ne concerne pas le lycée mais souvent un sujet qui lui est extérieur ou plus vaste que celui-ci. Cela permet un engagement au sein de notre société en général sans se limiter aux seuls lycéens. Etre bénévole pour une association est idéal pour défendre des causes qui vous tiennent à cœur.

Vous trouvez que notre société est encore abusivement machiste ? Rejoignez une association féministe ! Vous trouvez que le processus de la mondialisation est créateur d’inégalités ? Rejoignez un mouvement altermondialiste ! Vous pensez que l’écosystème mondial fonce droit dans le mur ? Rejoignez une association écologique ! Et ainsi de suite.

Devenir bénévole est très simple : souvent, il suffit de s’inscrire sur leur site internet. Cela est parfois d’autant plus simple pour les lycéens que certaines associations ouvrent des parcours spécifiques pour le recrutement et la participation des lycéens.

  Voici deux interviews de lycéens s’étant engagés depuis le tout début de leurs années lycéennes. Ils présenteront leur association, feront part de leur motivation et vous montreront qu’il est on-ne-peut-plus-simple de devenir bénévole !

L’UNICEF d’Apolline Deliège (United Nation International Children’s Emergency Fund)

Vous trouvez que les enfants dans le monde sont la dernière roue du carrosse de l’Humanité ? Rejoignez l’UNICEF ! C’est le cas d’Apolline Deliège qui vient de passer son baccalauréat en filière ES.

Comment pourrait-on présenter l’UNICEF ?

Apolline : « L’UNICEF a pour objectif de construire un monde où les droits de chaque enfant seront réalisés. Nous sommes convaincus que l’humanité ne peut progresser qu’en veillant au développement de ses enfants et en leur prodiguant les soins nécessaires.
L’UNICEF a quatre axes d’action :

  • protection et inclusion sociale de l’enfant (par exemple contre la maltraitance),
  • santé de l’enfant : campagnes de vaccinations, nutrition, hygiène…
  • éducation, l’objectif étant de permettre à tous d’y accéder,
  • urgence et action humanitaire : approvisionnement et logistique lors de catastrophes naturelles ou situations de conflit. »

    En quoi consiste ton rôle de jeune ambassadrice ?

    Apolline : « Déjà, il faut définir ce qu’est un jeune ambassadeur : c’est un lycéen âgé entre 15 et 18 ans et qui est un membre à part entière de l’UNICEF.
      Notre rôle se décompose en trois fonctions :

  • sensibiliser le public et en particulier les jeunes autour de nous à la cause que défend l’UNICEF. Le plus souvent, on forme une équipe et abordons les gens dans la rue,
  • organiser des événements pour collecter des fonds. J’ai par exemple moi-même organisé un concert de gospel à l’église Notre-Dame des Champs qui a réuni plus de 130 personnes. On a pu collecter plus de 3000€, ce qui n’est pas rien !
  • et, pour finir, nous avons pour mission de recruter de nouveaux jeunes ambassadeurs. Pour cela, on fait des présentations de ce que l’on fait dans les classes de troisièmes. Ainsi, d’une année sur l’autre on garde une équipe d’ambassadeurs active au sein de mon lycée. »

 

Pourquoi t’es-tu engagée ?

Apolline : « Depuis toujours je voulais faire de l’humanitaire. Ça paraît normal pour moi de m’engager. Avoir conscience qu’il y a des enfants qui ont beaucoup moins de chance que moi dans le monde m’oblige à devoir faire quelque chose : pourquoi moi et pas eux ? Je ne pourrais pas ne pas m’engager. »

Qu’est-ce que ce genre de projets t’apporte ?

Apolline : « Cet engagement m’apporte une certaine conscience du monde : ça m’a appris à sortir de ma bulle. En plus, je me sens utile, et à notre âge, se sentir utile n’est pas évident. C’est un réel épanouissement personnel que tout lycéen devrait vivre. Certes, organiser un concert peut parfois s’avérer assez casse-tête, mais au final c’est une super expérience parce qu’on rencontre plein de gens intéressants et c’est super motivant de savoir à quoi sert l’argent. Quelques semaines après le concert, l’UNICEF m’a dit que les fonds récoltés avaient servi pour réhabiliter en urgence une école en Syrie pour plus de 800 enfants ! L’UNICEF a pu acheter des kits d’enseignement en même temps pour les élèves (crayons, cahiers, manuels…) et pour les professeurs (tableaux noirs, livres…) : c’est génial ce qu’on arrive à faire, alors qu’en soi, ce que j’ai fait n’était pas grand-chose. »

Si je suis lycéen aujourd’hui et que je veux devenir jeune ambassadeur pour l’UNICEF, que dois-je faire ?

Apolline : « C’est super facile ! On peut s’inscrire sur le site directement et faire un don. Ensuite on passe un entretien rapide avec un membre de l’UNICEF, mais le plus important c’est d’être motivé ! »

La Croix Rouge Française (CRF) de Dylan Kiteu

Vous voulez vous engager dans une action humanitaire de proximité ? Rejoignez la Croix-Rouge Française ! C’est le cas de Dylan Kiteu qui vient de passer son baccalauréat en filière S sciences de l’ingénieur.

Comment pourrait-on présenter la Croix Rouge Française ?

Dylan : « La Croix-Rouge Française fait partie du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge. C’est le plus important regroupement d’organisations humanitaires au monde avec plus de 17 millions de volontaires présents dans 189 pays. La mission du Mouvement est de prévenir et d’alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes, des femmes et des enfants, de protéger la vie et la santé et de faire respecter la personne humaine, avec pour principes l’Humanité (favoriser la compréhension mutuelle, l’amitié, la coopération et une paix durable), l’Impartialité (ne faire aucune distinction de nationalité, de religion, de condition sociale
ou d’appartenance politique) et le Volontariat (agir de façon bénévole et désintéressée).

La CRF a cinq axes d’action :

  • santé-autonomie : elle favorise, par l’intermédiaire de ses établissements médico-sociaux (cliniques, hôpitaux…) l’accès à la prévention et aux soins pour tous,
  • action à l’international : elle envoie des volontaires et du matériel directement sur les lieux de catastrophes naturelles et gère, sur le long terme, des programmes d’accès aux soins, d’assainissement ou de prévention,
  • formation : elle forme le grand public aux premiers gestes de secourisme comme le diplôme PSC1 (prévention et secours civique de niveau 1) qui s’obtient en une journée. Elle propose également des formations professionnalisantes, surtout dans le sanitaire et le social,
  • action sociale : elle aide au maintien du lien social et au retour à l’autonomie des personnes en situation de précarité ou de grande exclusion. Un exemple : elle organise des maraudes pour proposer aux personnes sans-abri des vêtements, de quoi manger ou encore un peu de chaleur.
  • Urgence et secourisme : elle secourt au quotidien lors de grands rassemblements ou lors de situations d’exception. Elle met en place également des réseaux de secours pour soulager l’effort des secours traditionnels (pompiers, SAMU) ».

Quel est ton parcours au sein de la CRF ?

Dylan : « En seconde, je deviens bénévole de l’unité locale des troisième et dixième arrondissements de Paris. Après environ deux semaines de formation pour l’obtention du PSE1 et PSE2 (Premier Secours en Équipe), j’ai la même formation qu’un pompier dans le domaine ; je deviens secouriste. Cela m’autorise alors à être présent aux postes de secours lors de grands événements (concerts, manifestations sportives…), à assurer un complément de garde auprès du SAMU et des pompiers, ou encore à être appelé à tout moment en urgence lorsque les secours sont dépassés par des événements particulièrement significatifs. L’avantage du bénévolat est qu’il n’y aucune contrainte : j’ai le droit d’accepter mais aussi de refuser toute mission que l’on me propose.
Ma motivation et mon implication en tant que secouriste me font gravir les échelons de mon unité locale. Petit à petit, on me fait confiance et, âgé seulement de 19 ans, je deviens directeur adjoint à la formation dans mon unité locale. »

Pourquoi t’es-tu engagé ?

Dylan : « J’ai toujours été attiré par le monde du secours. Comme tout bon petit garçon, je rêvais d’être pompier. C’est en seconde que je me suis renseigné plus amplement. J’ai passé le PSC1 qui m’a fait prendre conscience de l’envergure d’un tel engagement. M’engager à la CRF est un bon moyen de me sentir utile pour la société et au plus grand nombre. S’il se passe quelque chose de grave, je peux agir et ne pas simplement subir l’événement. Un exemple : au moment des attentats de janvier 2015 de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher on m’a appelé en urgence pour aider à la mise en sécurité et au soutien psychologique. J’ai pu agir de manière utile pour le bien de tous. En bref, plus je m’engage plus j’aime ça ! »

Pour toi, qu’est-ce qu’un engagement réussi ? Quels sont tes conseils pour faire de son engagement une réussite ?

Dylan : « Pour moi, lorsque le bénévole en lui-même est satisfait de son engagement, il est alors réussi. Un engagement est réussi lorsqu’on donne de son temps sans contrainte et sans compter. Si j’ai un conseil à donner ce serait de bien choisir son engagement au sein de la CRF : les possibilités de missions foisonnent, il y en a forcément une qui vous passionnera ! »

Que t’apporte ce genre d’engagement ?

Dylan : « Ça m’apporte beaucoup : même plus que je ne donne ! Il m’a apporté beaucoup de maturité. Du haut de mes 17 ans j’avais parfois la responsabilité d’une vie humaine entre mes mains. Ces responsabilités mettent du plomb dans la tête !
Par ailleurs, le fait d’être entouré d’adultes et considéré comme un adulte m’a poussé à devenir autonome et à prendre confiance en moi. Un tel engagement permet d’approcher le monde professionnel : c’est un environnement hiérarchisé, on y enchaîne des réunions, on y parle budgets et objectifs, on y travaille en équipe, …
Plus particulièrement pour ceux qui sont intéressés par la sphère de la santé, s’engager à la CRF est une véritable opportunité pour voir de l’intérieur comment fonctionne ce monde assez fermé. Travaillant avec des hôpitaux, des médecins, le SAMU et les pompiers, on accumule un certain nombre de contacts et on comprend l’ampleur d’un engagement professionnel de ce type. »

Que deviennent les lycéens ayant été bénévoles à la CRF ?

Dylan : « Nombreux sont ceux qui après s’être engagés à la CRF en tant que bénévole continuent dans le domaine de la santé. Je connais de nombreux bénévoles, qui, passionnés par ce qu’ils font, sont maintenant en 4e année de pharmacie ou viennent de réussir médecine ! L’un d’eux, avant de devenir bénévole, était en licence d’histoire des arts. Après s’être engagé, il a complètement changé de cap et s’est réorienté vers une formation d’infirmier. Plus personnellement, je rentre aujourd’hui en licence des sciences … de la santé ! S’engager en tant que lycéen fait émerger des vocations. »

Que propose la CRF aux lycéens ? Et si je suis intéressé pour m’engager à la CRF, que dois-je faire ?

Dylan : « La CRF propose deux options aux lycéens qui veulent s’engager : mener un projet avec l’aide de la Croix-Rouge dans le cadre de son appel à initiatives « Red Touch’ », ou devenir un bénévole à part entière dans une unité locale.
« Red Touch’ » propose aux jeunes entre 13 et 30 ans de mener une action solidaire de leur propre initiative. Il peut s’agir de l’organisation de cafés solidaires, d’actions écologiques, de sensibilisation aux risques de l’alcool, de collectes de fond, d’actions interculturelles, … Red Touch’ aide les jeunes à mettre leur projet en place en les soutenant financièrement et méthodologiquement.

La deuxième option est de devenir un bénévole de la CRF à part entière. Cet engagement est possible dès le plus jeune âge avec un dispositif d’encadrement pour accompagner notre action mais qui demeure très peu restrictif. Le bénévolat est privilégié dans les pôles du secourisme et de l’action sociale. Des actions de proximité ne demandant qu’assez peu de formation sont aussi possibles. C’est ensuite au lycéen de choisir où il préfère s’engager.

  Pour mener un projet avec Red Touch’, il suffit de soumettre son idée sur le site web. Pour devenir bénévole, il faut aller s’inscrire sur internet  ou venir dans un local de la CRF : on vous redirigera vers votre unité locale la plus proche. »

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