Créer sa mini-entreprise

Si plus tard vous êtes intéressé par le monde de l’entreprise : il n’y a pas mieux ! En effet, il est possible de créer sa propre entreprise l’espace d’une année scolaire avec l’aide de l’association Entreprendre Pour Apprendre (EPA). Evelyne Caraffini, chef d’entreprise pendant 20 ans qui a poursuivi sa carrière dans un cabinet de consultants, a changé de cap : « J’avais envie de faire carrément autre chose ». Elle voulait agir vis-à-vis des jeunes. La chef d’entreprise a rejoint EPA pour « transmettre [son] enthousiasme de l’entreprenariat. » Aujourd’hui directrice régionale Ile-de-France de l’association EPA, Evelyne Caraffini répond à nos questions.

Comment pourrait-on présenter l’association Entreprendre pour Apprendre (EPA) ?

Evelyne Caraffini : « EPA est une association à but non lucratif dont l’objectif est de favoriser l’esprit d’entreprendre des jeunes entre 8 et 25 ans et de développer leurs compétences entrepreneuriales. L’idée n’est pas de faire des jeunes des chefs d’entreprises, mais de leur donner le goût d’entreprendre. Nous proposons aux jeunes une expérience concrète de l’entreprise sur une année scolaire, en leur donnant les moyens financiers, méthodologiques et juridiques pour créer leur propre mini-entreprise. EPA est présent, par l’intermédiaire de ses antennes régionales, sur toute la France. Au total, EPA concernait plus de 20 000 écoliers, collégiens, lycéens et étudiants en 2014. »

En quoi consiste une mini-entreprise ? Des exemples de mini-entreprises ?

  • Evelyne Caraffini : « Une mini-entreprise est une entreprise comme une autre, sauf qu’elle est dirigée par une équipe de lycéens, à raison de 2h par semaine minimum, durant la période d’une année scolaire. Tout est réel (le compte bancaire, l’argent, les différents services de l’entreprise…) mais à petite échelle. Tout ce qui se passe dans une mini-entreprise est fait par les lycéens qui sont en moyenne au nombre de 15. Le projet est encadré par un professeur du lycée et un parrain d’une entreprise partenaire EPA ; celui-ci est un référent et un coach pour les mini entrepreneurs. Ces deux personnes guident, mais n’interviennent que très peu dans la gestion, ce qui permet aux lycéens de réellement maitriser leur entreprise et de prendre des décisions.
      La création d’une mini-entreprise se fait en plusieurs étapes, tout comme pour une vraie entreprise :
  • on identifie un besoin,
  • on mène une étude de marché pour évaluer la demande,
  • on structure une équipe par l’intermédiaire d’entretiens d’embauche et de lettres de motivation,
  • on crée les différents services (financier, marketing, production, commercial, informatique, comptabilité…) en fonction des besoins,
  • on développe l’entreprise tout en cherchant à la rentabiliser,
  • enfin, on peut participer à différents concours que les antennes régionales d’EPA, EPA France et JAYE Europe (Junior Achievement – Young Enterprise) organisent pour récompenser les projets les plus méritants.

Étant un projet pédagogique, à la fin de l’année, aucun salaire n’est versé aux élèves : les bénéfices sont offerts à une association choisie par les lycéens ; les mini-entrepreneurs peuvent également décider de faire une sortie festive.
Les exemples de mini-entreprises foisonnent ! Cette année, en Ile-de-France, 165 mini-entreprises EPA ont été créées. Un groupe de lycéens a par exemple conçu une poubelle en forme de tube à trois étages pour permettre aux personnes vivant dans de petits studios de pouvoir, malgré le manque d’espace, faire le tri sélectif. Leur idée a tellement plu, qu’ils ont repris le concept pour en faire une véritable entreprise par la suite ! »
On peut également citer comme exemples les mini-entreprises UNICOLO commercialisant des cabanes à insectes, ERIF PROTECT qui a conçu des coques personnalisables pour détecteurs de fumée, Mr ENROULEUR (un enrouleur bien sûr, mais pour écouteurs) ou encore DYNAM’EAT (des insectes comestibles !…).

Quels sont vos conseils pour faire de sa mini-entreprise une réussite ?

Evelyne Caraffini : « Déjà, il faut avoir envie de le faire : un lycéen forcé par son professeur ne fera rien de bon. Pour qu’un projet réussisse, il faut que les encadreurs laissent une liberté quasi-totale aux lycéens : ils se sentiront alors responsables et mèneront à bien leur entreprise. Il faut oser et croire en son projet : essayer est un verbe à bannir, il faut faire. C’est l’une des clés de la réussite ! »

Qu’apporte ce genre de projets à un lycéen ?

Evelyne Caraffini : « Ces projets développent certes une sensibilité au monde de l’entreprise et initient les lycéens aux réalités socio-économiques, mais le plus important est la découverte de ses propres compétences. On fait des choses qu’on n’aurait jamais imaginé être capables de faire ! Entreprendre et travailler en entreprise n’est pas inné : ça s’acquiert. Ce sont des choses que l’on n’enseigne pas dans des cours traditionnels : on découvre ses talents et même des vocations (le marketing ? la communication ? les finances ? la production ?). Un des points les plus importants est l’apprentissage du travail en équipe. On comprend très vite que c’est la plus grande difficulté et comment l’interdépendance unit les personnes d’une entreprise : si l’un est en retard sur son travail, c’est tout le groupe qui est bloqué ! On y développe ses capacités d’expression orale (beaucoup de prises de parole, lors des assemblées générales ou des différents concours). Un exemple : quand il s’agit de demander une place au marché de la ville, ce n’est pas EPA qui fait les démarches, mais les lycéens ! Un lycéen peut tisser ses premiers contacts avec le monde professionnel durant cette aventure. De plus, EPA est partenaire avec de nombreuses entreprises privées comme Oracle, BNP Paribas, Cardif ou encore UPS qui favorisent les échanges des lycéens avec le monde de l’entreprise. »

 

Si je suis lycéen aujourd’hui et si je suis intéressé à créer ma propre mini-entreprise, que dois-je faire ?

Evelyne Caraffini : « Il suffit d’en parler à l’un de vos professeurs qui aura du temps à consacrer pour ce projet. Il demandera l’accord au chef d’établissement. Le professeur et le proviseur contacteront EPA, une convention entre l’établissement et EPA sera signée. Puis EPA recherchera un parrain d’entreprise ou un étudiant qui suivra votre projet durant l’année et vous aurez également un référent EPA par projet. » Si vous souhaitez plus d’information, rendez-vous sur le site web de EPA !

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