Le réalisme

Attention à la boulimie !

On est vite tenté par des entreprises faramineuses mais, dans les faits, infaisables… Il faut rester réaliste dans ses projections : une idée c’est bien, savoir comment la réaliser c’est mieux, et la concrétiser, c’est encore mieux !

Nous avons listé une série de difficultés qui rendent la concrétisation du projet de plus en plus délicate :

  • l’accord du proviseur : cette « difficulté » est toujours présente, quel que soit le projet, mais à moins qu’il ne s’agisse d’une proposition de blocus du lycée, le proviseur ne devrait pas rechigner à donner son accord. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le proviseur n’est pas un obstacle à la concrétisation d’un projet : il n’est pas un « ennemi » de l’action lycéenne. Dans la plupart des cas, il est un allié : entre une réunion avec un groupe de professeurs mécontents et un rendez-vous urgent avec le recteur, une initiative lycéenne est la bienvenue ! Il sera heureux de voir que son lycée bouge. Le proviseur est en charge du lycée, il se doit simplement de maitriser et savoir tout ce qui s’y passe,  d’où cette obligation d’avoir son accord. D’ailleurs, non seulement le proviseur n’est pas un obstacle, mais bien souvent il peut être source de bons conseils. Il pourra même vous faciliter la réalisation du projet s’il y adhère. Le meilleur moyen d’obtenir son accord (et ce sera souvent par l’intermédiaire de votre CPE) est de lui envoyer un e-mail expliquant clairement votre projet, ses objectifs et votre plan pour le réaliser, d’où l’intérêt d’avoir un projet réaliste et organisé ;
  • les coûts financiers : Les projets les plus simples à réaliser sont ceux n’ayant aucun coût. Mais il arrive qu’un appui financier soit indispensable. Si c’est le cas, il faut prévoir l’origine de cet argent. Ce sont les lycéens qui payent ? Une subvention ? De qui ? Au lycée, le Foyer Socio-Educatif (FSE) ou la Maison Des Lycéens (MDL) peuvent apporter des aides financières à condition que les comptes soient rigoureusement tenus. Les régions mais aussi les Conseils Académiques de la Vie Lycéenne (CAVL) offrent souvent des financements pour des projets lycéens (voir obtenir des fonds ). Si ce sont directement les lycéens qui payent, attention à la radinerie qui pourrait en décourager plus d’un ; c’est une maladie très contagieuse au sein des lycéens ! ;
  • le nombre d’étapes pour la réalisation du projet : C’est comme en mathématiques, plus on cumule d’étapes de calcul, plus on a de chance de générer des erreurs. Pour un projet, c’est pareil : plus on complexifie le projet, plus il y a de chances que quelque chose se passe mal. Évitez l’empilement de réunions « en interne », puis de réunions d’information, puis de campagne de pub, puis de…
    Bref, plus vous vous étalez dans le temps, moins le projet tiendra ;
  • les complications logistiques : Les projets où il faut aller chercher les affiches dessinées par un styliste new yorkais renommé chez un imprimeur à l’autre bout de la France en jet privé, puis les faire coller à la colle spéciale papier glacé par une équipe de collégiens embrigadée par vos soins qui demandent à être payés sous peine de créer un syndicat et de faire grève, ça ne marche pas !
    Ce qui fonctionne : on fait l’affiche soi-même, on les imprime chez soi, on les colle nous-mêmes au scotch ordinaire. Ça en jette moins, mais c’est plus simple et tout autant efficace, vous ne trouvez pas ?
    Plus vous en faites vous-même et donc moins vous demander d’aide extérieure, plus le projet sera réalisé de manière efficace et rapide. Il faut, de manière générale, essayer d’en faire le plus par soi-même car demander une aide extérieure (pour obtenir des fonds, concevoir une affiche,…) c’est ajouter des incertitudes à la réalisation du projet : des incertitudes en termes de temps et en termes de résultats. Par exemple, il est possible que l’affiche réalisée par votre styliste newyorkais ne vous plaise pas ou encore que vous l’attendiez longtemps avant de finalement la recevoir.
    Mais n’oubliez pas que le temps est trop précieux dans l’action lycéenne : on en a très peu !
  • le nombre de personnes souhaitées à l’événement organisé : plus vous visez gros, moins vous avez de chance d’atteindre les objectifs
    (c’est élémentaire mon cher Watson…) ;
  • la complexité de ce qui est demandé aux camarades lycéens : cette difficulté est moins simple à comprendre. Il faut savoir qu’un lycéen est de nature assez parcimonieux dans ses efforts. Ainsi, si trop lui est demandé, il s’intéressera difficilement à votre projet. Prenons un exemple : si pour assister au « Talent Show » de son lycée, il suffit de se pointer à l’heure dans l’amphithéâtre de son lycée, alors, étant donné que rien n’est demandé au lycéen, il viendra plus facilement. Si, au contraire, pour assister au « Talent Show », il faut d’abord s’inscrire sur une liste, puis payer et finalement arriver une heure à l’avance dans une salle de spectacle à l’autre bout de la ville, alors le lycéen hésitera à faire « tant d’efforts » pour un résultat inconnu.

    Le réalisme, c’est aussi évaluer sa légitimité à mener ce projet : suis-je bien placé pour réaliser ce projet ? L’administration me suivra-t-elle ? Les lycéens ? En bref, il faut avoir les bons « outils » pour mener une action efficace. Ce n’est pas avec un marteau et deux clous que l’on construit un palais. Ce n’est pas avec un ami pseudo-jongleur et deux chaises que l’on construit la soirée des talents du lycée.

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