Sociologie de l’action

Toute action suppose une légitimité : le « droit de faire » doit lui être reconnu. La légitimité conditionne la réussite de votre projet, d’une part dans sa réalisation et d’autre part dans son succès. Le bon déroulement de la mise en place du projet dépend du soutien de l’administration de votre lycée. Le succès de votre projet dépend de sa réception auprès des lycéens. Ainsi, la légitimité doit venir de vos camarades lycéens mais également de l’administration de votre lycée. Une légitimité n’est pas innée : elle s’acquiert. Mais comment s’acquiert-elle ? Nous y reviendrons. Une fois légitime, cette action ne se fait pas sans foi ni loi. Elle se déroule au sein d’une communauté ou d’une société : il faut donc prendre en compte les multiples acteurs de l’environnement dans lequel vous évoluez. Les connaitre est important pour savoir prendre appui ou même créer des liens avec certains. Au lycée, il y a les
professeurs et leurs syndicats, les parents et leurs fédérations ou encore le proviseur et son corps administratif. Cette complexité n’est pas un frein à votre action mais peut l’enrichir. Un exemple : pour élargir votre projet à toute la communauté lycéenne, il peut être utile d’entretenir des relations avec les fédérations de parents d’élèves qui permettront la communication avec les familles des élèves. Le paradoxe de l’action est qu’il faut en même temps prendre des initiatives (quelque chose de relativement spontané et nouveau) dans un environnement où tout ne semble qu’être procédure administrative (quelque chose de relativement figé et prédéterminé). Autrement dit, l’environnement lycéen n’est pas idéal pour les initiatives lycéennes, mais il faut faire avec. L’action (du moins légale..) doit réussir à faire coexister dans un fragile et subtil équilibre les conditions nécessaires à l’aboutissement du projet, avec les exigences de notre monde institutionnel. Expliquons-nous : une initiative lycéenne doit certes être efficace (c’est-à-dire être rapide à mettre en place, à moindre coût et mobilisant le plus de lycéens possible), mais une initiative lycéenne doit respecter les règles du lycée (c’est-à-dire avoir l’accord en amont du proviseur, respecter le règlement intérieur et « jouer le jeu » de la paperasse s’il en est besoin). C’est bien cela qui rend l’action lycéenne, en apparence, si difficile et inaccessible car il est plus facile de jeter une idée en l’air que de la concrétiser dans les règles de cet art que l’on pourrait nommer « l’art des complications administratives »…

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